Le confinement d’un journal intime

20 mars 2020 0 Par MaKaBou Macoumaille Drassé

Le confinement d’un journal intime

4ème jour

Transcrit par MaKaBou Macoumaille Drassé

20/03/2020 19h18 Toulon

Couchée au environ de minuit après être sortie pour le « pissou nocturne de mon sphinx, me voilà debout. Qu’elle aubaine d’avoir un chien en cette période n’est pas ! Cela justifie mes déplacements de proximité qui font du bien au corps et à mon esprit. Je me délecte de ce silence et de la clarté du ciel ou je peux voir au plus loin de mon imagination fertile. Il est 08h28 toute la maison dors encore et je débute la 4 ème journée.

Bailler, s’étirer, glousser sous la couette est un exercice qui depuis 4 jours me réconforte avec mon envie de déménager. Pas de hurlement, de bus, de voiture. Mais surtout je ne ressens plus cette acidité volubile qui dès le réveil, qui dressait les spirales négroïdes grisonnantes se trouvant sur mon crane. M’installer dans un lieu qui me corresponde vraiment, au taux vibratoire en adéquation avec ce que je ressens avec qui je suis est le sujet de ma réflexion du jour.

Il est 9h20 « La nuit fût douce et fraiche de part l’ouverture de ma fenêtre. Je ne voudrais me priver de cette mélodie cosmique qui plane. Comment ne pas vouloir profiter de cette accalmie vibratoire. Je vis ce présent au présent. Nous pourrions tous franchir cette barrière invisible à l’œil humain, si nous étions tous donc notre profonde humanité. Hélas la conjoncture sociale et économique comme tu le sais que trop bien, nous à déviée de cet axe primordial. Je reste convaincue que cet épisode fascinant de mon incarnation se le point culminant de mon ascension véritable. Ce matin j’ai eu besoin de faire l’expérience de la file d’attente pour le ravitaillement. Plus de 45 minutes d’attentes.  »

Comme tous les jours je fais pars à mon correspondant subsaharien de mon état d’esprit. Il est comme un repère dans cette pose temporelle. Un lien important avec ce continent devenu pour moi un souffle de réalité interne.

Un souffle que j’avais perdu … Mit en parenthèse …

En Mai 2016 comme je l’ai écris hier je volais très très haut comme un condor ou ces oiseaux de fer* que depuis quelques jours nous ne voyons plus dans le ciel.

Il est pour moi difficile de tout exprimer tant il y a de choses à dire sur mon cheminement et surtout sur les synchronicités existentielles que j’ai vécue jusqu’à aujourd’hui. En tout cas il y en a une parmi toutes que je me dois de partager. Il était pour moi important de pouvoir être en Martinique au mois de Mai et cela fut possible. J’ai ainsi pu participer à un évènement important aux portes de Saint Pierre  » Le Marcher Rasta » Poser ma table de massage sur le bord de mer non loin de la montagne. J’y ai rencontré des personnes militant pour une cause juste. Les « Rastas » ont subis dans le passé une injustice flagrante juste car ils osaient réclamer le droit de vivre libre. Libre des dogmes du système colonialiste qui sévit encore et encore malheureusement sur toutes ces iles d’outre mer . Néanmoins ils sont là et depuis maintenant 20 ans, ils se rassemblent pour proclamer fièrement l’héritage culinaire, vestimentaire, musical, et surtout philosophique des hommes et femmes libres déportés il y a 400ans, venant du Continent Africain.

Quelle joie. Tout mon être était debout, prêt à œuvrer. L’affluence fut tel que dès mon retour je pris la décision d’y retourner en Septembre de la même année. Lorsque je n’étais pas en déplacement aux Antilles, je l’étais ici en France plus précisément à Nice pour des sessions de Healing Consciousness Day’s … Que de souvenirs et de visages ébahis ais-je vu.

Cette opportunité ouvra en moi une autre forme de conscience car il est vrai que lorsque nous sommes au service de l’énergie de guérison nous ne savons pas du tout, ce qu’il va se passer durant le soin. Le protocole à beau être identique, l’alchimie qui en résulte au contact de l’âme qui nous sollicite en devient abstrait. Nous ne sommes maitre de rien. J’égrenais ainsi un chapelet d’émotions cristallisées, obstruant le chemin de l’énergie de vie de ceux qui croisaient mon chemin.

27 Septembre 2016… Décollage pour 7 semaines sous le soleil de mon ile à œuvrer avec ferveur. Je fus dès le lendemain mise au diapason, par mon hôte de ce qui allait arriver dans les prochains jours: une tempête des plus virulentes. Et comme aujourd’hui nous sommes restés confinés, portes cloisonnées à écouter ce vent déferler sur l’ile jour et nuit. A la première accalmie mon envie de ressentir la tempête prit le pas sur les recommandations de ceux qui m’entouraient. Je me devais de la caresser de mes yeux. Fascinante … Elle chante au travers les branches des arbres, fait danser les vagues au point de créer un mélodie tonitruante. La nature se faisait entendre et respecter.

Au bout de 3 jours, une fois cette virgule passée, le soleil comme à son habitude était là vaillant, majestueux réchauffant le cœur de la Terre. Les bananiers fraichement allongés au sol se dressaient fièrement petit à petit heures après heures pour délivrer maternellement une nouvelle feuille, symbolisant la force de vie primordiale qui coulait en eux.

Je pourrais écrire durant des heures, des jours, des mois, des années … des siècles.

C’est le cœur lourd, que je pris mon avion du retour le 10 Novembre 2016 en direction d’un épilogue que je n’avais pas pressentis, le Black Out total.

Garance Festival 2012- Dédicace à mon amie Auré qui a réalisé ce tableau et inventée cette adage <3